Kinshasa, Radio Okapi |Intervenant sur Radio Okapi, le député national et cadre de l’UDPS Patrick Matata Makalamba a salué l’initiative du président Félix Tshisekedi en faveur d’un dialogue national, qu’il présente comme une démarche d’écoute et de recherche de cohésion. Il défend notamment l’approche « bottom-up », destinée à faire remonter les préoccupations des provinces vers le niveau national.
Un acte responsable, guidé par le sens de l’État
D’emblée, l’élu de Kisangani a tenu à saluer la démarche présidentielle. Il qualifie l’annonce du Chef de l’État d’acte responsable, guidé par un « sens profond de l’État », estimant que cette initiative répond à un besoin urgent de cohésion nationale face aux enjeux sécuritaires et politiques que traverse le pays. Pour Patrick Matata, en tant que cadre de l’Union Sacrée de la Nation et de l’UDPS, cette démarche présidentielle est avant tout une preuve d’écoute et de recherche de cohésion nationale.
Une méthodologie « bottom-up » saluée
Interrogé sur l’organisation des consultations, prévues dans les chefs-lieux des 26 provinces avant une phase de synthèse à Kinshasa, le député défend cette approche ascendante. Selon lui, elle permet de capter les réalités provinciales à la base, afin que les conclusions nationales ne soient pas déconnectées du terrain. Une méthode qu’il présente comme un gage de sérieux et d’inclusivité, loin d’une simple démarche de façade.
Un processus souverain, entre Congolais
Sur la question de la souveraineté du dialogue, Patrick Matata Makalamba se montre catégorique : cette concertation doit demeurer une initiative strictement intracongolaise, tenue sur le territoire national, entre Congolais. Il s’oppose fermement à toute idée de dépendance ou de diktat vis-à-vis d’une médiation internationale, réaffirmant la capacité du pays à gérer lui-même ses propres échéances politiques.
Aucune remise en cause des institutions démocratiques
Le député tient également à rassurer sur le respect du cadre constitutionnel et institutionnel. Il affirme que ce cadre de concertation n’a pas pour objectif de renverser, de remplacer ou de remettre en cause la légitimité des institutions démocratiques issues des urnes. Une précision destinée à couper court aux inquiétudes exprimées par certains acteurs politiques sur d’éventuelles velléités de rupture institutionnelle.
Réponse aux critiques de l’opposition
Alors qu’une partie de l’opposition estime que les consultations, prévues dans les 26 provinces et étalées sur trois mois, pourraient servir à « gagner du temps », et réclame un dialogue véritablement inclusif, consensuel et indépendant, Patrick Matata Makalamba invite à la retenue. Il estime que l’opposition devrait d’abord attendre la publication des ordonnances devant préciser les modalités du dialogue avant d’en critiquer le contenu, jugeant que les prises de position formulées en amont relèvent d’un « procès d’intention ».
Il accuse une partie de l’opposition de reprendre des arguments favorables aux intérêts de l’agresseur de la RDC, tout en rappelant que le Président de la République a déjà répondu favorablement à certaines demandes formulées par cette même opposition preuve, selon lui, d’une volonté d’ouverture du Chef de l’État.
« Personne n’est laissé à la marge »
Interrogé sur une éventuelle exclusion de certaines composantes, notamment les groupes armés, le député national précise que chaque catégorie dispose déjà d’un cadre de discussion spécifique : le processus de Luanda pour les groupes armés congolais, et le processus de Washington pour la question de l’agression extérieure. Le dialogue national, explique-t-il, est quant à lui destiné à réunir les autres composantes de la société congolaise.
« Personne n’est laissé à la marge », affirme Patrick Matata Makalamba, assurant que le dialogue sera « participatif verticalement et horizontalement », avec la possibilité pour les différentes couches de la population de faire entendre leur voix.
Un appel au consensus national
En conclusion, l’élu de l’UDPS invite l’ensemble de la classe politique majorité comme opposition ainsi que la société civile, à dépasser les clivages et les calculs partisans pour transformer ces orientations en actions concrètes. Il reproche à une partie de l’opposition de privilégier une logique de rapport de force et de contester le processus avant même la publication des textes officiels devant en définir les modalités.
Pour Patrick Matata Makalamba, l’enjeu dépasse les considérations politiciennes : il s’agit de refonder l’État et de rétablir la confiance entre les institutions et les citoyens congolais.
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Chad⭕️
