Expo Béton 2026 : Alexander Bamanisa plaide pour faire des déchets un moteur de l’économie circulaire à Kinshasa

Kinshasa, 9 octobre 2026 | Passer des opérations ponctuelles d’assainissement à un système durable de gestion des déchets, capable de créer des emplois et de générer de la valeur économique. C’est le plaidoyer porté par Alexander Bamanisa, directeur général de Finuplast, lors du septième panel de la troisième journée d’Expo Béton 2026, consacré à la planification et à l’approche opérationnelle de l’opération « coup de poing » pour l’assainissement et la municipalisation de la gestion durable des déchets.

Intervenant devant les participants, le responsable de cette entreprise spécialisée dans le recyclage des déchets plastiques à Kinshasa a insisté sur la nécessité de repenser en profondeur le modèle de gestion des déchets dans la capitale congolaise. Selon lui, les actions ponctuelles de nettoyage, bien qu’importantes, ne peuvent suffire sans une stratégie pérenne, accompagnée de financements adaptés et d’une collaboration efficace entre les pouvoirs publics et les entreprises privées.

Pour une gestion durable des déchets

Présente à Kinshasa depuis 2018, Finuplast collecte et recycle les déchets plastiques afin de les transformer en matières premières réintroduites sur le marché et en nouveaux produits fabriqués à partir de matières recyclées.

Pour Alexander Bamanisa, la situation actuelle de Kinshasa exige une réponse structurelle. À l’instar de l’approvisionnement en eau et en électricité, la gestion des déchets devrait constituer une priorité des politiques publiques et occuper une place centrale dans la planification du développement urbain.

L’enjeu consiste notamment à dépasser les interventions occasionnelles, telles que les opérations de nettoyage menées par les autorités, pour mettre en place un dispositif permanent de collecte, de traitement et de valorisation des déchets.

Cette approche permettrait de mieux organiser les différentes étapes de la chaîne de gestion des déchets, depuis leur récupération dans les quartiers, les rues et les caniveaux jusqu’à leur transformation en nouveaux produits.

Le partenariat public-privé, un levier essentiel

Abordant la question du financement, le directeur général de Finuplast a souligné l’importance des partenariats entre les pouvoirs publics et les entreprises spécialisées. Il a notamment évoqué la délégation de service public conclue avec les autorités de Kinshasa, qui permet à son entreprise d’intervenir dans la collecte et le recyclage des déchets.

Selon lui, l’engagement financier du secteur privé doit s’accompagner de mesures facilitatrices de la part des autorités, notamment sur les plans administratif, fiscal et foncier.

Ces mesures permettraient aux entreprises d’étendre leurs capacités de collecte, d’augmenter les volumes de déchets récupérés et de renforcer leurs installations de valorisation.

Alexander Bamanisa estime ainsi que les pouvoirs publics ont un rôle déterminant à jouer dans la création d’un environnement favorable aux investissements privés dans le secteur de l’assainissement.

Il a également évoqué la possibilité de mettre en place un mécanisme de financement commun ou des subventions destinées à soutenir les industries qui participent à la valorisation des déchets.

Les déchets, une source d’emplois et de richesses

Au-delà des défis opérationnels et financiers, Alexander Bamanisa a insisté sur le potentiel économique des déchets, qu’il considère comme une matière première encore insuffisamment exploitée.

Il a notamment rappelé que l’économie circulaire repose sur une chaîne de valeur qui commence par la sensibilisation de la population et se poursuit à travers la précollecte, la collecte, le transport, le tri, le recyclage et la commercialisation de nouveaux produits.

Chaque étape est susceptible de générer des activités économiques et des emplois, tout en contribuant à réduire la quantité de déchets abandonnés dans l’environnement.

Pour le responsable de Finuplast, la sensibilisation constitue donc un maillon fondamental. Les citoyens doivent comprendre que les déchets produits quotidiennement peuvent être réutilisés, recyclés et transformés en ressources économiques.

Cette prise de conscience favoriserait une meilleure participation de la population aux mécanismes de collecte et faciliterait le développement d’un véritable écosystème entrepreneurial autour de l’assainissement.

Vers un nouvel écosystème entrepreneurial

Également vice-président de la commission Environnement et Développement durable de la FECOC, Alexander Bamanisa a défendu une vision dans laquelle les entreprises privées deviennent des partenaires à part entière de la politique d’assainissement.

Son intervention à Expo Béton 2026 met en lumière un enjeu majeur pour Kinshasa : faire de la gestion des déchets non seulement une exigence environnementale et sanitaire, mais aussi un secteur économique structuré, capable d’attirer des investissements et de créer des emplois durables.

La réussite de cette transformation dépendra notamment de la coordination entre les autorités publiques, les entreprises de recyclage, les acteurs de la collecte et les populations.

À travers ce plaidoyer, le directeur général de Finuplast appelle ainsi à dépasser la logique des opérations ponctuelles pour construire un système permanent de gestion des déchets, fondé sur la responsabilité publique, l’expertise privée et la valorisation économique des ressources.

Pour Kinshasa, le défi est désormais de transformer les déchets qui encombrent la ville en une ressource au service de l’assainissement, de l’emploi et du développement urbain durable.

YTC

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