Expo Béton 2026 : Katrien Spruyt d’Enabel plaide pour la certification des compétences des travailleurs du BTP

Kinshasa, 10 octobre 2026 | La reconnaissance des compétences acquises sur les chantiers et l’accès à la certification professionnelle figurent parmi les enjeux majeurs de la modernisation du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) en République démocratique du Congo. Lors du neuvième panel de la 12ᵉ édition d’Expo Béton 2026, organisé ce samedi, Katrien Spruyt, experte de l’agence belge de coopération internationale Enabel, a présenté l’importance d’une démarche visant à rapprocher la formation professionnelle des réalités du terrain et des besoins des entreprises.

Intervenant autour du thème « Qualifier, former, certifier : quels référentiels pour les métiers du BTP ? », elle a mis l’accent sur la nécessité de développer des outils d’évaluation adaptés, d’identifier les métiers porteurs et de construire des parcours de professionnalisation accessibles aussi bien aux jeunes qu’aux travailleurs déjà actifs.

Des labels pour mieux encadrer les compétences professionnelles

Dans son intervention, Katrien Spruyt a abordé la question des labels et des mécanismes permettant d’accompagner la reconnaissance des compétences dans le secteur du BTP. L’enjeu est notamment de rendre les dispositifs de professionnalisation accessibles aux travailleurs et de contribuer à l’amélioration de la qualité de leurs parcours professionnels.

Elle a souligné l’importance de définir des standards communs afin de mieux identifier les compétences attendues dans les différents métiers de la construction. Cette démarche doit permettre aux acteurs de la formation, aux entreprises et aux institutions concernées de disposer d’une compréhension partagée des qualifications nécessaires.

L’identification des compétences et leur évaluation constituent ainsi des étapes essentielles pour rapprocher les profils des travailleurs des exigences des emplois disponibles.

Identifier les métiers porteurs et mobiliser les jeunes

L’experte d’Enabel a également insisté sur la nécessité de déterminer les métiers du BTP offrant des perspectives professionnelles, afin d’encourager les jeunes Congolais à s’engager dans des parcours de formation et de qualification.

Cette orientation concerne aussi les travailleurs qui exercent déjà un métier, mais qui souhaitent faire reconnaître leur expérience et renforcer leurs qualifications.

L’objectif est de construire des parcours adaptés aux différents profils, en tenant compte des acquis de chacun et des compétences qui restent à développer. Les dispositifs envisagés doivent ainsi permettre aux jeunes de mieux se préparer à l’emploi et aux professionnels expérimentés d’accéder à des possibilités de perfectionnement et de certification.

Pour Katrien Spruyt, cette démarche nécessite des outils pratiques permettant d’évaluer les compétences, d’orienter les bénéficiaires et de déterminer les étapes à suivre pour progresser vers une qualification professionnelle.

Transformer les référentiels en outils d’évaluation

Au cours des échanges avec le modérateur, la question de la transformation des référentiels professionnels en instruments concrets d’évaluation a également été soulevée.

L’enjeu consiste à dépasser la simple définition des compétences attendues pour mettre à la disposition des accompagnateurs et des évaluateurs des outils leur permettant d’apprécier effectivement les capacités des travailleurs.

Cette approche doit faciliter l’identification des compétences déjà maîtrisées, des besoins de formation complémentaire et des étapes nécessaires à la professionnalisation. Elle vise également à mieux orienter les travailleurs vers les qualifications correspondant à leur expérience et à leurs objectifs professionnels.

La mise en place de tels outils apparaît donc comme une étape importante pour rendre opérationnelle la reconnaissance des compétences dans le secteur de la construction.

Une coordination entre les institutions et le secteur privé

Katrien Spruyt a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une coordination entre les différentes institutions intervenant dans la formation professionnelle. Selon elle, le développement des compétences ne peut relever d’un seul ministère ou d’un secteur isolé.

Elle a ainsi souligné l’importance de réunir les pouvoirs publics, les ministères concernés, le secteur privé, les acteurs de la formation professionnelle et les praticiens du BTP autour d’une démarche commune.

Cette concertation doit favoriser une meilleure harmonisation des initiatives, le suivi des actions engagées et une utilisation plus efficace des efforts consentis par les différents partenaires.

Dans cette perspective, le cadre de concertation évoqué au cours du panel constitue un mécanisme susceptible de renforcer la collaboration entre les acteurs et d’assurer une meilleure cohérence des interventions en matière de formation et de qualification.

Vers des parcours de professionnalisation adaptés aux réalités du BTP

Au terme de son intervention, l’experte d’Enabel a mis en évidence la nécessité de développer des solutions adaptées aux besoins des jeunes et des travailleurs déjà présents sur le marché de l’emploi.

La professionnalisation du secteur passe notamment par l’identification des compétences, l’élaboration d’outils d’évaluation pratiques, la définition de parcours adaptés et la collaboration entre les institutions publiques et les acteurs économiques.

Au neuvième panel d’Expo Béton 2026, ces échanges ont ainsi mis en lumière un enjeu central pour le BTP congolais : faire en sorte que les compétences acquises sur le terrain puissent être évaluées, reconnues et valorisées, tout en permettant aux entreprises de disposer d’une main-d’œuvre mieux préparée à leurs exigences.

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