Kinshasa, 29 septembre 2026 | Le député national Fabrice Ngoyi Kazadi, élu de Kabinda dans la province de Lomami, a adressé une question écrite au directeur général de l’Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (ACOREP) au sujet de la prolifération des faux produits pharmaceutiques, médicaments falsifiés et contrefaits en République démocratique du Congo.
Dans cette correspondance datée du 13 juillet 2026, le parlementaire sollicite des explications sur les mécanismes de contrôle et de traçabilité des produits pharmaceutiques, depuis leur importation ou leur fabrication locale jusqu’à leur arrivée chez le consommateur. L’initiative s’inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire prévu par la Constitution et le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Traçabilité, contrôle et sanctions au cœur des préoccupations
Fabrice Ngoyi Kazadi relève notamment la présence de médicaments vendus sur des marchés parallèles, y compris dans certains grands centres commerciaux des provinces. Il évoque également l’entrée sur le territoire national de produits pharmaceutiques non contrôlés ainsi que les difficultés liées au contrôle des frontières et à la surveillance du circuit de distribution.
Dans sa question écrite, le député demande à l’ACOREP de préciser les dispositifs actuellement mis en place pour assurer la traçabilité des médicaments, mais aussi les difficultés techniques, financières, administratives et opérationnelles auxquelles l’autorité fait face.
Il souhaite également connaître les mesures prises pour contrôler les importateurs, les établissements pharmaceutiques et les différents circuits de distribution et de vente.
Les « pharmacies par terre » également ciblées
Le phénomène des vendeurs non qualifiés de médicaments, communément appelés « pharmacies par terre » ou « pharma-poches », figure également parmi les préoccupations soulevées.
Le député demande notamment à l’ACOREP d’expliquer les raisons de la persistance de ces pratiques malgré les interdictions légales et réglementaires. Il sollicite, en outre, des informations sur les actions envisagées avec les autres services de l’État pour lutter contre les circuits d’importation, de distribution et de commercialisation des produits pharmaceutiques falsifiés et contrefaits.
Combien de sanctions au cours des 24 derniers mois ?
Autre point soulevé : le bilan des sanctions.
Fabrice Ngoyi Kazadi demande au directeur général de l’ACOREP de communiquer le nombre d’établissements ou d’importateurs illégaux sanctionnés, fermés ou déférés devant la justice au cours des 24 derniers mois pour des faits liés à la contrefaçon ou à la vente de médicaments falsifiés.
Il interroge également l’autorité sur les stratégies prévues, en collaboration avec le ministère de la Santé, pour mieux encadrer les autorisations de mise sur le marché, les licences d’ouverture des officines pharmaceutiques et leur fonctionnement.
Renforcer les inspections
Le parlementaire demande enfin à l’ACOREP de présenter les mesures, réformes et perspectives envisagées pour renforcer les contrôles et les inspections des médicaments et réduire la circulation des produits pharmaceutiques falsifiés et contrefaits.
Il souhaite aussi connaître, depuis l’avènement de l’actuelle direction de l’ACOREP, les actions concrètes réalisées, les réformes engagées, les difficultés rencontrées et les résultats obtenus dans la lutte contre ce phénomène.
Cette démarche intervient alors que l’ACOREP a précisément pour mandat de contribuer à la réglementation pharmaceutique, notamment à travers l’autorisation de mise sur le marché, l’inspection des établissements pharmaceutiques et la surveillance du marché des médicaments et autres produits de santé.
Fabrice Ngoyi Kazadi exerce actuellement son mandat de député national pour la circonscription de Kabinda, dans la Lomami
La réponse de l’ACOREP est désormais attendue pour apporter des éléments précis sur l’état du contrôle du secteur pharmaceutique et les mesures prises contre les produits falsifiés et contrefaits en RDC.
CYT
