NEW YORK |À l’occasion de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, la société civile de la diaspora congolaise appelle à dépasser les déclarations diplomatiques pour parvenir à des actions concrètes en faveur de la République démocratique du Congo.
Placée sous le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous », cette session aborde plusieurs enjeux majeurs pour la RDC, notamment la paix et la sécurité, le changement climatique, la transition énergétique, les minerais stratégiques, l’intelligence artificielle, le développement durable et la gouvernance mondiale.
Dans une déclaration signée par Melissa Zalo, présidente de la Société civile de la diaspora congolaise, cette organisation salue la participation de la RDC à ce rendez-vous multilatéral ainsi que la volonté des autorités congolaises de porter les préoccupations du pays sur la scène internationale.
La prise de parole de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a notamment mis en avant la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, le potentiel environnemental et énergétique du pays ainsi que l’importance stratégique des minerais congolais dans la transition énergétique mondiale.
De la parole à l’action
Pour la société civile de la diaspora, l’enjeu se situe désormais dans la mise en œuvre des engagements pris.
Elle estime que les décisions internationales concernant la sécurité, la souveraineté de la RDC et la protection des populations civiles doivent être effectivement appliquées.
Sur le plan économique, la diaspora appelle également à une meilleure valorisation des ressources naturelles et énergétiques du pays afin de favoriser la création d’emplois, le développement des infrastructures, l’industrialisation, le transfert de technologies et l’amélioration des conditions de vie de la population.
Climat et minerais stratégiques
Sur la question climatique, la société civile de la diaspora estime que la RDC ne devrait pas être considérée uniquement comme un réservoir de ressources naturelles indispensables à la planète.
Elle plaide pour que le pays puisse jouer un rôle accru dans les négociations climatiques et bénéficier de mécanismes de financement permettant à la fois de protéger ses écosystèmes et de soutenir le développement des communautés locales.
Concernant les minerais stratégiques, elle appelle à dépasser le modèle fondé essentiellement sur l’extraction et l’exportation des matières premières.
La RDC, selon cette organisation, devrait renforcer sa participation aux chaînes de valeur à travers la transformation locale, la recherche, l’innovation et le développement des technologies liées notamment à la transition énergétique.
Intelligence artificielle et transformation numérique
La déclaration évoque également l’intelligence artificielle, domaine dans lequel la RDC souhaite participer aux discussions internationales sur la gouvernance et la réglementation.
Pour la société civile de la diaspora, cette ambition doit toutefois être accompagnée d’investissements dans les infrastructures numériques, la formation, la recherche, les données, l’innovation et les compétences de la jeunesse congolaise.
La diaspora appelée à jouer un rôle accru
Autre proposition mise en avant : renforcer la participation de la diaspora congolaise à la diplomatie et aux grandes politiques publiques du pays.
La société civile estime que les Congolais établis à l’étranger disposent d’un important capital de compétences et de réseaux, notamment dans les domaines de la recherche, de l’entrepreneuriat, de la technologie, de l’action humanitaire et de l’expertise professionnelle.
Elle propose ainsi la mise en place d’un cadre permanent de concertation réunissant les institutions publiques, la société civile, les experts, le secteur privé et la diaspora, afin de préparer et de suivre les grands rendez-vous internationaux consacrés à la RDC.
« Après New York, quelles décisions concrètes ? »
Pour Melissa Zalo, l’enjeu de cette 81ᵉ Assemblée générale ne devrait pas se limiter à présenter les difficultés et le potentiel de la RDC à la tribune des Nations Unies.
La société civile de la diaspora souhaite désormais voir les engagements internationaux traduits en résultats mesurables pour la population congolaise.
Elle pose ainsi une question centrale : « Après New York, quelles décisions concrètes, quels engagements, quels mécanismes de suivi et quel calendrier permettront de traduire les discours internationaux en changements visibles pour les Congolais ? »
Dans sa déclaration, la société civile de la diaspora réaffirme enfin sa disponibilité à contribuer à cette dynamique, dans un esprit qu’elle qualifie de républicain, citoyen et constructif, au service de l’intérêt général.
CYT
