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Expo Béton 2026 : Dominique Migisha plaide pour une numérisation sécurisée et coordonnée du cadastre en RDC

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Kinshasa, 8 octobre 2026 |La numérisation du cadastre, la souveraineté des données et l’extension de la connectivité aux zones rurales constituent des leviers essentiels pour réussir la réforme foncière en République démocratique du Congo. C’est le message défendu par Maître Dominique Migisha, coordonnateur de l’Agence pour le développement du numérique (ADN), lors du panel organisé au deuxième jour de la 12ᵉ édition d’Expo Béton 2026.

Les échanges ont porté sur le thème : « Aménagement du territoire, sécurisation foncière et numérisation du cadastre pour garantir les investissements immobiliers à Kinshasa : quel avenir pour les communes de la N’sele, Maluku et Mont-Ngafula ? »

Le numérique, un pilier de la réforme foncière

Dans son intervention, Dominique Migisha a souligné que la réforme foncière ne peut aboutir sans une maîtrise fiable des données relatives à la propriété immobilière. Selon lui, la numérisation doit permettre de mieux identifier les propriétaires, de sécuriser les titres fonciers et d’améliorer la gestion de l’information cadastrale.

Il a rappelé que cette transformation s’inscrit dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui entend faire du numérique un levier du développement socio-économique du pays.

À cet effet, il a évoqué deux textes fondamentaux : la loi modificative de la législation sur les télécommunications, promulguée en novembre 2020, et le Code du numérique, promulgué en mars 2023.

Pour le coordonnateur de l’ADN, ce cadre juridique constitue un socle indispensable à la modernisation du secteur foncier, notamment en matière de protection des données personnelles, de sécurité des systèmes informatiques et de souveraineté numérique.

La souveraineté des données au cœur des préoccupations

Dominique Migisha a particulièrement insisté sur la nécessité de protéger les données foncières contre les risques d’accès non autorisé et de dépendance à l’égard d’infrastructures étrangères.

Il a notamment évoqué les enjeux liés à l’hébergement des données sur des plateformes étrangères, rappelant que certaines législations, comme le Cloud Act américain, peuvent permettre aux autorités américaines d’obtenir des données détenues par des entreprises soumises à leur juridiction.

Dans ce contexte, il a défendu le principe d’un hébergement des données sensibles sur le territoire congolais, au moyen d’infrastructures souveraines et sécurisées.

Il a également annoncé que l’ordonnance portant création de l’Agence nationale de cybersécurité avait été signée, précisant que la mise en place de cette structure devrait contribuer à renforcer la protection des systèmes numériques et des titres fonciers dématérialisés.

« Même les systèmes informatiques peuvent être piratés », a-t-il rappelé en substance, soulignant que la dématérialisation des titres doit impérativement s’accompagner de protocoles techniques rigoureux.

Une coordination indispensable entre les ministères

Au-delà des questions de sécurité, le coordonnateur de l’ADN a plaidé pour une meilleure coordination entre les administrations publiques engagées dans leur transformation numérique.

Il a notamment souligné l’importance de l’interconnexion entre les Affaires foncières et le ministère des Finances. À ses yeux, les données cadastrales pourraient contribuer à améliorer l’identification des biens immobiliers et à renforcer la mobilisation des recettes publiques, notamment celles issues de la fiscalité foncière.

Il a également évoqué la nécessité de développer des passerelles entre les différents systèmes d’information de l’État afin d’éviter la fragmentation des initiatives numériques.

Dans cette perspective, il a rappelé le rôle stratégique de l’ADN, présentée comme une structure interministérielle chargée d’accompagner la planification et la mise en cohérence des politiques publiques numériques.

Connecter les zones rurales pour garantir l’inclusion numérique

Autre enjeu majeur soulevé par Dominique Migisha : la réduction de la fracture numérique, particulièrement dans les zones rurales et les territoires insuffisamment desservis par les réseaux de télécommunications.

Il a rappelé que les opérateurs privés privilégient souvent les zones à forte rentabilité économique, laissant certaines communautés à l’écart des infrastructures de connectivité.

Pour répondre à cette situation, il a mis en avant le Fonds de service universel, destiné à soutenir le déploiement des infrastructures de télécommunications dans les zones dites blanches, où l’accès à Internet et aux services numériques demeure limité.

Selon son exposé, les opérateurs télécoms réaliseraient environ 2,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, dont une contribution de 3 % représenterait théoriquement 75 millions de dollars. Il a estimé que la mobilisation effective de ces ressources pourrait financer, sur plusieurs années, l’extension de la connectivité aux populations rurales.

Cette couverture numérique est essentielle, a-t-il expliqué, pour permettre aux citoyens d’accéder aux futurs services publics dématérialisés, indépendamment de leur lieu de résidence.

Vers des services publics numériques accessibles à tous

Dominique Migisha a enfin inscrit la réforme foncière dans une transformation plus large de l’administration congolaise, évoquant plusieurs piliers de la vision « Nation digitale 2030 », notamment les infrastructures, le capital humain, l’inclusion numérique, la cybersécurité et les services publics numériques.

Il a cité le développement d’un cloud souverain ainsi que le lancement du tiers payant ?

Un enjeu stratégique pour l’avenir immobilier de Kinshasa

À travers cette intervention, le coordonnateur de l’ADN a rappelé que la modernisation du cadastre ne saurait se limiter à la numérisation des documents existants. Elle suppose également des infrastructures fiables, une protection rigoureuse des données, une coordination entre les institutions et un accès équitable aux services numériques.

Pour les communes de la N’sele, de Maluku et de Mont-Ngafula, au cœur des discussions d’Expo Béton 2026, ces évolutions représentent des enjeux importants pour la sécurisation des droits fonciers, l’amélioration de la gouvernance territoriale et la confiance des investisseurs immobiliers.

La réussite de cette transformation dépendra ainsi de la capacité de l’État à associer réforme juridique, innovation technologique, cybersécurité et inclusion numérique.

CYT

Tshopo : le gouverneur Paulin Lendongolia honoré pour son soutien au judo provincial

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Kisangani, 8 octobre 2026. | Le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a reçu jeudi à Kisangani un prix honorifique de la Ligue provinciale de judo, en reconnaissance de son accompagnement aux activités et aux initiatives de cette discipline sportive dans la province.

La distinction lui a été remise à l’occasion d’une rencontre consacrée aux préparatifs de la participation des judokas de la Tshopo à la Coupe du Congo de judo, prévue du 15 au 18 octobre 2026.

Au cours de cette rencontre, les responsables de la Ligue provinciale de judo ont présenté au chef de l’exécutif provincial l’état d’avancement des préparatifs de cette compétition nationale. Ils ont également salué l’appui du Gouvernement provincial aux différentes activités du judo dans la Tshopo.

« Nous sommes venus présenter au Gouverneur les préparatifs de la participation de nos judokas à la prochaine Coupe du Congo de judo, prévue du 15 au 18 octobre 2026, et saluer l’accompagnement du Gouvernement provincial aux activités du judo », a déclaré Maître Yves Lutumba, président de la Ligue provinciale de judo de la Tshopo.

Une reconnaissance pour l’accompagnement du judo

À travers ce prix, la Ligue provinciale entend reconnaître les soutiens apportés par le gouverneur Paulin Lendongolia aux initiatives visant à promouvoir et à développer le judo dans la province.

Les responsables de cette structure sportive ont également exprimé leur reconnaissance à l’autorité provinciale pour l’attention accordée aux activités sportives et son intérêt pour l’encadrement des athlètes de la Tshopo.

La Tshopo attendue à la Coupe du Congo

La Coupe du Congo de judo, programmée du 15 au 18 octobre prochain, constitue désormais le prochain rendez-vous majeur pour les judokas de la Tshopo.

La délégation provinciale entend y défendre les couleurs de la province et valoriser le travail réalisé par les athlètes et leurs encadreurs.

À travers sa participation à cette compétition nationale, la Ligue provinciale de judo ambitionne ainsi de poursuivre la promotion de cette discipline et de permettre aux talents de la Tshopo de se mesurer aux meilleurs judokas du pays.

YTC

Tshopo : après la flambée à 55.200 FC, Lendongolia ramène le prix du ciment à 39.950 FC

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Kisangani, 8 octobre 2026. | Le Gouvernement provincial de la Tshopo a décidé de revoir à la baisse le prix du ciment sur les marchés de la province. Après une récente flambée ayant porté le sac jusqu’à près de 55.200 francs congolais, le prix a été fixé à 39.950 FC pour le ciment 32,5 % et à 44.650 FC pour le 42,5 %.

La décision a été prise ce jeudi à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, à l’issue d’une réunion présidée par le gouverneur Paulin Lendongolia, avec les opérateurs économiques intervenant dans le secteur du ciment.

La rencontre a notamment porté sur les causes de la hausse récente ainsi que sur l’examen de la structure des prix appliquée dans la province.

« Les prix qui doivent dorénavant être observés sur le marché de Kisangani et à travers la province de la Tshopo sont de 39.950 francs congolais pour le sac de 32,5 % et de 44.650 francs pour celui de 42,5 % », a annoncé Me Michel Lumumba Biambe, porte-parole du gouverneur de province.

Une hausse jugée préoccupante

Selon les éléments examinés lors de la réunion, le prix du sac de ciment, qui se situait auparavant entre 15 et 16 dollars américains, soit environ 34.500 à 36.800 FC au même taux de change, avait progressivement grimpé jusqu’à près de 24 dollars, correspondant à environ 55.200 FC.

Cette augmentation a suscité des inquiétudes auprès des consommateurs, des constructeurs et des acteurs du secteur du bâtiment, dans une province où les besoins en matériaux de construction restent importants.

Les participants à la réunion ont ainsi passé en revue les différents facteurs susceptibles d’expliquer cette hausse, notamment les coûts d’approvisionnement et les charges supportées par les opérateurs économiques.

Les éléments communiqués par la société industrielle PPC ont également été pris en compte dans l’analyse de la structure des prix.

Une nouvelle structure tarifaire

L’exécutif provincial rappelle que si les opérateurs économiques disposent d’une certaine liberté dans la fixation de leurs prix, celle-ci reste encadrée par la législation en vigueur.

« Ces prix prennent en compte la marge bénéficiaire, les charges étatiques ainsi que les prix d’achat supportés par les opérateurs économiques auprès des sociétés industrielles », a précisé Me Michel Lumumba Biambe.

À travers cette nouvelle structure tarifaire, l’autorité provinciale entend mieux encadrer la commercialisation du ciment et éviter des augmentations qui ne seraient pas suffisamment justifiées par les coûts réellement supportés par les opérateurs.

Les services provinciaux compétents ont, à cet effet, été chargés de veiller au respect des prix arrêtés sur les différents marchés de la Tshopo. Les opérateurs économiques sont également invités à se conformer à cette nouvelle tarification.

Un enjeu pour le secteur de la construction

Cette mesure intervient dans un contexte où le ciment constitue un matériau essentiel pour les travaux de construction et les nombreux chantiers en cours dans la province.

La hausse récente de son prix avait fait craindre un renchérissement des coûts de construction et un ralentissement de certaines activités dans le secteur du bâtiment.

Avec cette décision, le Gouvernement provincial de la Tshopo entend contribuer à la régulation du marché, à la maîtrise du coût du ciment et à la protection des consommateurs, tout en tenant compte des charges supportées par les opérateurs économiques.

YTC

GUCE : Fabrice Ngoyi Kazadi exige des éclaircissements sur la gestion de la Direction générale

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KINSHASA | Le député national Fabrice Ngoyi Kazadi, élu de Kabinda, dans la province de Lomami, interpelle la Direction générale du Guichet Unique de Création d’Entreprise (GUCE) sur la gestion de cette structure, notamment en ce qui concerne la prolongation du régime d’intérim à sa tête.

Dans une question écrite adressée à la Directrice générale ad intérim du GUCE, le parlementaire soulève plusieurs préoccupations relatives à la légalité de certains actes posés durant cette période et à leurs éventuelles conséquences sur le fonctionnement de l’établissement.

Au cœur de sa démarche figurent notamment les décisions de gestion prises pendant l’intérim, les engagements contractuels, la situation administrative du personnel ainsi que plusieurs mouvements opérés au sein de la structure.

Le député demande à la Direction générale de fournir des explications précises et documentées sur ces différents points, afin de clarifier les conditions dans lesquelles certaines décisions ont été prises et leur conformité aux règles applicables.

Pour Fabrice Ngoyi Kazadi, cette situation nécessite une clarification institutionnelle, au regard du rôle stratégique du GUCE dans la facilitation des formalités liées à la création et à l’immatriculation des entreprises en République démocratique du Congo.

À travers cette initiative de contrôle parlementaire, l’élu de Kabinda entend obtenir des réponses susceptibles de renforcer la transparence dans la gestion du GUCE, de contribuer à la stabilité de son administration et de préserver le climat des affaires ainsi que la confiance des opérateurs économiques.

La Direction générale du GUCE est ainsi appelée à apporter des réponses documentées aux préoccupations soulevées par le député national.

YTC

Expo Béton : Joël Kyana appelle à replacer l’urbanisme au cœur de la transformation de Kinshasa

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Kinshasa | La transformation de Kinshasa ne pourra être durable sans une planification urbaine rigoureuse et une implication accrue des urbanistes dans les décisions liées à l’occupation et à l’aménagement du territoire. C’est l’un des principaux messages portés par Joël Kyana, président national de la Corporation des Urbanistes Congolais, lors du panel organisé au deuxième jour de la 12ᵉ édition d’Expo Béton.

Consacrée au thème « Réinventer et rebâtir Kinshasa : quel rôle pour les géomètres-arpenteurs, urbanistes, architectes, ingénieurs dans la création de nouvelles cités et la rénovation des villes anciennes ? », la rencontre a permis de mettre en lumière les défis liés à l’expansion rapide de la capitale et à la nécessité d’une meilleure planification.

« Une erreur en urbanisme peut durer 50 ou 60 ans »

Dans son intervention, Joël Kyana a insisté sur la particularité de l’urbanisme : contrairement à certaines politiques publiques dont les effets peuvent être corrigés relativement rapidement, les décisions urbaines s’inscrivent durablement dans l’espace.

« Aujourd’hui, nous devons savoir qu’une erreur en urbanisme peut durer 50 ans, 60 ans. Les décisions en matière d’urbanisme sont gravées dans le sol », a-t-il déclaré.

Pour le président de la Corporation des Urbanistes Congolais, cette réalité impose de repenser la manière dont les villes congolaises sont planifiées et développées.

Il estime notamment que la RDC a progressivement inversé le processus classique d’aménagement : l’occupation des espaces précède souvent leur planification, alors que l’approche devrait être inverse.

« En règle générale d’aménagement, on planifie et on réglemente l’occupation. […] Aujourd’hui, nous avons inversé la tendance et c’est cette erreur en urbanisme qui coûte cher à nos villes. »

De la planification à l’occupation des espaces

Joël Kyana rappelle que plusieurs quartiers historiques de Kinshasa avaient été conçus selon une logique de planification préalable.

Il cite notamment certaines anciennes cités planifiées et des quartiers comme Limete, dont l’organisation initiale répondait à une vision urbaine structurée.

Selon lui, cette approche doit aujourd’hui être réhabilitée, particulièrement dans les zones d’expansion de la capitale comme Maluku et Mont-Ngafula.

L’enjeu est d’éviter que les nouvelles zones urbaines soient occupées avant la mise en place des infrastructures, des réseaux et des équipements nécessaires.

Le permis de construire ne suffit pas

Le président de la Corporation des Urbanistes Congolais a également insisté sur le rôle de l’État dans la maîtrise du développement urbain.

Pour lui, le permis de construire ne devrait pas être considéré isolément. La décision d’autoriser une construction doit être guidée par des documents de planification qui déterminent l’affectation et l’organisation des espaces.

  « L’autorité publique, quand elle analyse la demande de l’architecte ou de l’ingénieur, doit avoir des documents de planification de référence qui orientent la décision. »

Il appelle ainsi à renforcer les instruments de planification urbaine afin d’éviter que les constructions individuelles ne compromettent les capacités futures des réseaux et des infrastructures.

Morcellement et densification : des défis pour les infrastructures

Joël Kyana a également attiré l’attention sur les conséquences du morcellement progressif des parcelles et de la densification des quartiers.

Selon lui, certaines avenues initialement conçues pour accueillir un nombre limité de parcelles se retrouvent aujourd’hui avec une densité beaucoup plus importante, sans que les infrastructures aient été adaptées en conséquence.

Cette évolution exerce une pression sur les réseaux d’eau, d’électricité, de voirie et d’assainissement.

  « La cité a gardé les mêmes câbles qui datent des années 80, 90, voire même 60. Il n’y a pas eu de renforcement », a-t-il relevé.

Pour lui, la multiplication des constructions et l’augmentation du nombre de ménages sur une même emprise doivent nécessairement s’accompagner d’une adaptation des infrastructures.

« L’acteur principal qui fabrique la ville, c’est l’urbaniste »

Joël Kyana a par ailleurs plaidé pour une revalorisation du rôle des urbanistes dans les politiques publiques.

  « L’acteur principal qui fabrique la ville, c’est l’urbaniste », a-t-il affirmé.

Il estime que les urbanistes doivent être associés en amont aux décisions concernant les nouvelles cités, l’expansion urbaine et la rénovation des quartiers existants.

Cette implication doit notamment permettre de mieux articuler les interventions des différents professionnels qui participent à la fabrication de la ville : géomètres, architectes, ingénieurs, spécialistes du bâtiment et autorités publiques.

Anticiper plutôt que réparer

Pour les nouvelles zones urbaines, notamment celles appelées à accueillir l’expansion de Kinshasa, l’intervenant préconise une démarche fondée sur l’anticipation.

Il considère que les erreurs commises dans les quartiers existants doivent servir de leçon pour éviter leur reproduction dans les nouvelles zones d’urbanisation.

« Il faut faire appel aux urbanistes pour réparer ce que nous sommes en train de détruire dans le sol. »

Pour Joël Kyana, l’enjeu dépasse donc la seule construction de bâtiments. Il s’agit de construire une ville capable de fonctionner durablement, avec des infrastructures adaptées à sa population et une organisation cohérente des espaces.

En conclusion, le président national de la Corporation des Urbanistes Congolais a appelé à replacer la planification au centre de la transformation de Kinshasa et à donner aux professionnels de l’urbanisme une place effective dans les décisions qui façonnent l’avenir de la capitale.

  « Le devoir de l’urbanisme, c’est de penser à une ville qui dure 100 ans, 200 ans, parce que les décisions en matière d’urbanisme sont gravées dans le sol. »

CYT

Réforme foncière en RDC : Mfumu Difima plaide pour une meilleure reconnaissance des droits des communautés coutumières

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Kinshasa | La réforme foncière en République démocratique du Congo ne saurait être pleinement efficace sans une meilleure prise en compte des droits des communautés coutumières. C’est le message central porté par Sa Majesté Mfumu Difima, membre du Conseil supérieur de l’autorité traditionnelle et coutumière de la RDC, lors du panel organisé au deuxième jour de la 12ᵉ édition d’Expo Béton.

Intervenant sur le thème consacré à l’aménagement du territoire, à la sécurisation foncière et à la numérisation du cadastre pour garantir les investissements immobiliers à Kinshasa, le chef coutumier a insisté sur la nécessité de replacer les communautés traditionnelles au cœur de la gouvernance foncière.

« La terre est d’abord coutumière »

Pour Mfumu Difima, la question foncière en RDC doit être abordée en tenant compte de l’histoire et de l’organisation traditionnelle des communautés.

Évoquant particulièrement les zones périphériques de Kinshasa, notamment N’Sele et Maluku, il estime que l’expansion de la capitale ne peut se faire en ignorant les autorités coutumières qui détiennent historiquement des droits sur ces espaces.

« Quand vous mettez vos pieds sur Maluku, la terre est d’abord coutumière « , a-t-il affirmé.

Selon lui, les investisseurs et les autorités publiques doivent donc mieux collaborer avec les chefs coutumiers afin d’éviter les conflits et les superpositions de droits.

« Vous allez approcher les coutumiers. C’est là le problème « , a-t-il insisté.

Le chef coutumier appelle à repenser la gouvernance foncière

Mfumu Difima estime que la réforme foncière actuellement engagée en RDC doit être considérée comme une véritable refondation et non comme une simple modification des textes existants.

  « La réforme foncière que nous gérons dans cette République, ce n’est pas une copie-collée. C’est la remise en cause. C’est d’ailleurs ce que le chef de l’État appelle la refondation. »

Dans cette perspective, il appelle à revenir aux fondements historiques du droit foncier congolais afin de mieux comprendre la place des communautés et des autorités coutumières dans la gestion des terres.

Il a notamment salué les évolutions législatives récentes, particulièrement la réforme de la loi foncière et la loi relative à l’aménagement du territoire, estimant qu’elles peuvent contribuer à corriger certaines failles du système actuel.

Mettre fin aux superpositions de droits

Pour le représentant de l’autorité traditionnelle, l’un des principaux problèmes du secteur foncier réside dans la coexistence de plusieurs actes portant sur un même espace.

Il a illustré cette difficulté par le cas d’une terre accordée par une autorité coutumière à un exploitant agricole.

  « Un contrat agricole n’est pas une cession foncière « , a-t-il rappelé, déplorant que certaines opérations puissent ensuite être interprétées comme des transferts de propriété.

Cette situation, estime-t-il, contribue aux conflits fonciers et aux procédures judiciaires qui opposent communautés, investisseurs et détenteurs de titres.

Pour éviter ces situations, il préconise une meilleure coordination entre les différents services de l’État, les autorités coutumières et les investisseurs.

« Qui est le propriétaire de la terre ? »

Mfumu Difima a également soulevé la question de la répartition des responsabilités entre les institutions chargées de la gestion du foncier et celles chargées des affaires coutumières.

  « Qui est censé le dire ? Le ministère des Affaires foncières ou le ministère des Affaires coutumières ? »

À ses yeux, les affaires coutumières doivent notamment permettre de défendre les droits des communautés sur les terres régies par la coutume, alors que les Affaires foncières doivent intégrer cette réalité dans les procédures de sécurisation des droits.

Il estime ainsi que l’autorité coutumière ne doit pas être considérée comme un simple acteur secondaire dans les processus fonciers.

Une meilleure planification pour l’expansion de Kinshasa

L’intervenant a également insisté sur la nécessité de disposer d’une véritable planification territoriale pour accompagner l’expansion de Kinshasa.

Il a déploré les conséquences de l’absence ou de l’insuffisance de certains schémas de planification, notamment lors de la réalisation des infrastructures.

  « Il n’y a pas de plan d’aménagement de cette ville », a-t-il regretté, appelant à une meilleure coordination entre les différents ministères et services techniques.

Pour lui, les projets immobiliers et d’infrastructures doivent être conçus en tenant compte des réseaux existants, des espaces communautaires et des réalités locales.

L’autorité coutumière appelée à retrouver sa place

Mfumu Difima a enfin plaidé pour une meilleure implication des chefs coutumiers dans les mécanismes locaux de gouvernance et de sécurité.

Il a notamment salué les initiatives visant à renforcer leur participation dans les comités locaux de sécurité, estimant que l’autorité traditionnelle doit pouvoir jouer pleinement son rôle auprès des communautés.

« Tout doucement, l’autorité coutumière reprend sa place « , s’est-il réjoui.

Pour lui, la réussite de la réforme foncière passe désormais par une collaboration effective entre l’aménagement du territoire, les Affaires foncières et les Affaires coutumières, avec les chefs traditionnels comme interlocuteurs incontournables des communautés.

  « Le Congo restera ce qu’il est tant qu’il y a des gens comme nous qui disent […] ça ne passera pas « , a conclu Sa Majesté Mfumu Difima, réaffirmant son engagement en faveur de la préservation de l’identité et des droits des communautés coutumières.

CYT

RDC : O’Neige N’Sele annonce l’accélération de la numérisation du cadastre pour sécuriser les investissements fonciers

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Kinshasa — La ministre des Affaires foncières, O’Neige N’Sele, a défendu les avancées de la réforme foncière en République démocratique du Congo, notamment dans le domaine de la numérisation du cadastre, de la sécurisation des titres et de la modernisation de l’administration foncière.

Elle s’exprimait lors d’un panel organisé au deuxième jour de la 12ᵉ édition d’Expo Béton, consacré à l’« aménagement du territoire, sécurisation foncière et numérisation du cadastre pour garantir les investissements immobiliers à Kinshasa : quel avenir pour les communes de N’Sele, Maluku et Mont-Ngafula ? ».

Selon la ministre, la loi promulguée le 30 décembre 2025 constitue un tournant majeur dans la gouvernance foncière en RDC.

 » La loi qui a été promulguée par Son Excellence Monsieur le Président de la République le 30 décembre 2025 est venue véritablement nous donner des outils pour améliorer la gouvernance des terres en République démocratique du Congo « , a-t-elle déclaré.

La numérisation du cadastre au cœur de la réforme

O’Neige N’Sele a particulièrement insisté sur la numérisation, qu’elle considère comme l’une des principales innovations de la nouvelle législation.

« La finalité de ces innovations mises dans la loi, c’est d’arriver à la numérisation du cadastre « , a-t-elle expliqué.

Pour la ministre, cette réforme doit permettre de répondre aux difficultés qui ont longtemps affecté l’administration foncière, notamment la mauvaise conservation des documents, les problèmes d’information et les risques de perte ou de détérioration des titres.

Elle a précisé que la numérisation ne consiste pas simplement à scanner les documents existants.

« La numérisation, ce n’est pas scanner les documents. Numérisation du cadastre veut dire avoir des plans géolocalisés « , a souligné la ministre, évoquant notamment l’importance de la géodésie dans la modernisation du cadastre.

Plus de 20 000 titres déjà numérisés à Kinshasa

La réforme est déjà entrée dans sa phase opérationnelle à Kinshasa, choisie comme province pilote. La ministre a indiqué que neuf circonscriptions foncières ont été retenues pour lancer les premières opérations, notamment dans les zones de N’Sele, Maluku et Mont-Ngafula.

Plus de 350 cadres et agents de l’administration foncière ont également été formés aux nouvelles technologies, notamment dans les domaines de l’archivage physique et numérique.

« Entre août à ce jour, nous avons formé plus de 350 cadres et agents de l’administration aux nouvelles technologies de l’archivage, l’archivage physique et numérique « , a-t-elle précisé.

Sur le terrain, plus de 20 000 titres issus du stock ancien ont déjà été numérisés, sur un ensemble de plus de 600 000 dossiers recensés dans les neuf circonscriptions foncières pilotes de Kinshasa.

La ministre a également annoncé que les sept autres circonscriptions foncières de la capitale ont entamé leur processus de formation et de déploiement.

« À partir du 1er septembre, pour les circonscriptions foncières de Kinshasa qui ont démarré, […] tout titre que vous allez obtenir a une contrepartie numérique au sein de l’administration « , a-t-elle affirmé.

Pour O’Neige N’Sele, cette correspondance numérique constitue une garantie supplémentaire pour les propriétaires.

« Même s’il est constitué, vous avez votre certificat, […] l’administration foncière ne le retrouve pas. Qu’est-ce qu’on fait ? L’État doit confirmer que votre copie, qui est l’originale, a une contrepartie bien établie « , a-t-elle expliqué.

Les investisseurs appelés à respecter l’aménagement du territoire

La ministre a par ailleurs insisté sur la nécessité de mieux encadrer l’occupation des espaces disponibles dans les zones périphériques de Kinshasa.

Elle a notamment rejeté l’idée selon laquelle la capitale manquerait globalement de terrains pour accueillir de grands projets.

« Il ne faut pas dire qu’il n’y a pas d’espace dans la ville de Kinshasa. […] Lorsque ce sont des projets structurants, l’État s’associe avec l’investisseur et on trouve des espaces « , a-t-elle déclaré.

Selon elle, la question est davantage liée à la localisation recherchée par certains investisseurs qu’à une absence générale de disponibilités foncières.

La ministre a cité notamment Maluku, les extensions urbaines, les zones économiques spéciales ainsi que certains projets réalisés dans le cadre de partenariats public-privé comme exemples d’espaces et de projets que l’État entend accompagner.

Elle a toutefois rappelé qu’un investisseur ne peut pas acquérir librement un terrain en vue de lui attribuer ultérieurement une destination contraire aux normes d’aménagement.

« On ne peut pas décider de faire un centre d’enfouissement seul, aller acheter une parcelle à Djili, en espérant que demain on va le transformer en centre d’enfouissement. Non, il y a toute une procédure « , a-t-elle insisté.

Vers une nouvelle mercuriale des prix immobiliers

Autre chantier évoqué : la révision de la mercuriale, destinée à mieux refléter la valeur réelle des biens et à renforcer la mobilisation des recettes publiques.

O’Neige N’Sele a dénoncé la pratique consistant à présenter à l’administration des contrats minorés afin de réduire les taxes et redevances dues à l’État.

« Il y a toujours eu deux contrats. […] Il y a un contrat réel entre les deux parties et un autre contrat minoré que l’on présente à l’administration « , a-t-elle déploré.

Elle a annoncé la tenue prochaine d’un atelier consacré à la mise à jour de la mercuriale, estimant que celle actuellement en vigueur ne correspond plus suffisamment à la réalité du marché immobilier.

L’objectif, selon elle, est de parvenir à une mercuriale plus réaliste, capable à la fois de rassurer les investisseurs et de permettre à l’État de mieux capter les recettes issues des opérations immobilières.

Une réforme appelée à se poursuivre

La ministre a enfin assuré que la réforme foncière se poursuivra progressivement, avec des objectifs chiffrés et un suivi de l’évolution de la numérisation.

« La loi, elle est évolutive. Nous continuons à traiter le stock de ce que nous avons « , a-t-elle déclaré.

Elle a également appelé la population et les investisseurs à davantage de vigilance dans leurs opérations foncières.

« Achetez, mais achetez dans les normes », a lancé O’Neige N’Sele, rappelant que toute acquisition doit tenir compte de l’aménagement du territoire et des normes urbanistiques.

Pour la ministre des Affaires foncières, la modernisation de l’administration, la numérisation du cadastre, la sécurisation des titres et la rationalisation de l’utilisation des espaces constituent ainsi les principaux leviers pour instaurer un climat foncier plus sécurisé et favoriser les investissements immobiliers à Kinshasa.

CYT

Expo Béton 2026 : Carine Oniemba Amanvo plaide pour une urbanisation planifiée et une meilleure maîtrise du foncier en RDC

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Kinshasa, 7 octobre 2026 | À l’ouverture de la 12ᵉ session d’Expo Béton, la Directrice générale de l’Agence nationale d’aménagement du territoire (ANAT), Carine Oniemba Amanvo, a appelé à repenser en profondeur la manière dont les villes congolaises sont planifiées et développées.

Dans son intervention, elle a insisté sur la nécessité de passer d’une urbanisation spontanée et désordonnée à une véritable politique de développement territorial, fondée sur l’anticipation des besoins, la sécurisation foncière et la coordination des interventions publiques et privées.

« Notre vision nous invite à passer d’une urbanisation subie à une urbanisation planifiée, d’une croissance spatiale désordonnée à une véritable politique de développement territorial et d’une occupation improvisée des sols à une valorisation responsable et prospective de notre territoire. »

L’ANAT, un outil d’intelligence territoriale

Présentant le rôle de l’ANAT, Carine Oniemba Amanvo a rappelé que l’agence, opérationnelle depuis quatre ans, accompagne le gouvernement central, les provinces ainsi que les villes et communes dans la planification et la gestion de l’espace territorial.

Elle a notamment cité l’appui aux provinces dans l’élaboration de leurs outils de planification spatiale, l’accompagnement des villes et communes dans la maîtrise de leur croissance ainsi que l’appui aux ministères sectoriels pour intégrer la dimension spatiale dans leurs politiques.

Pour la DG de l’ANAT, l’agence doit aller au-delà de sa fonction technique de production de données cartographiques.

« L’ANAT n’est pas uniquement un producteur de cartes. Elle est appelée à devenir une véritable plateforme nationale d’intelligence territoriale, capable de produire la connaissance, d’éclairer la décision et d’accompagner la mise en œuvre des projets. »

Cette approche vise également à offrir aux investisseurs une meilleure lisibilité sur les vocations, les contraintes et les potentialités des différents territoires du pays, tout en associant les autorités coutumières et les communautés locales afin de prévenir notamment les conflits fonciers.

KIA MONA, un projet d’aménagement intégré

Carine Oniemba Amanvo a ensuite présenté le projet Kinshasa-KIA MONA, situé dans la commune de Maluku, comme l’une des illustrations de cette nouvelle approche de l’aménagement du territoire.

Selon elle, KIA MONA ne doit pas être considéré comme une simple opération immobilière, mais comme un projet structurant appelé à intégrer l’habitat, les activités industrielles, l’agriculture, la logistique, les infrastructures, les services sociaux et les espaces verts.

« KIA MONA n’est pas seulement une opération immobilière, il s’agit d’une grande opération d’aménagement du territoire. »

La DG de l’ANAT a par ailleurs annoncé la signature, durant cette session d’Expo Béton, d’un protocole d’accord entre l’Agence nationale d’aménagement du territoire et le CSSPEVK, porteur du projet KIA MONA.

Cet accord vise à établir un cadre de coopération technique autour de la planification spatiale, de l’organisation des usages du sol, de la protection du foncier public, de l’intégration des infrastructures et de l’accompagnement des investisseurs.

« Ce protocole aura pour objectif d’établir un cadre de coopération technique autour de la planification spatiale, de l’organisation des usages du sol, de la protection du foncier public, de l’intégration des infrastructures et de l’accompagnement des investisseurs. »

Pour Carine Oniemba Amanvo, cette collaboration doit notamment permettre d’assurer la cohérence territoriale du projet, de structurer les données spatiales nécessaires à la prise de décision et d’articuler les différentes zones d’habitat, d’activités économiques, d’infrastructures et d’espaces à protéger.

Le foncier public au cœur de la planification

La question du foncier public de l’État a également occupé une place importante dans son intervention.

Carine Oniemba Amanvo estime que l’État doit impérativement avoir une connaissance précise de ses réserves foncières afin de préserver les espaces nécessaires à la réalisation de ses projets futurs.

« Il ne peut y avoir de planification crédible si l’État ne connaît pas avec précision ses propres réserves foncières, ses emprises, ses servitudes et les espaces nécessaires à ses projets futurs. »

Elle préconise ainsi l’inventaire, la localisation, le géoréférencement, le cadastrage et la sécurisation juridique du patrimoine foncier public.

Ces réserves sont notamment destinées aux routes, écoles, hôpitaux, marchés, espaces verts, réseaux d’eau et d’assainissement, équipements de sécurité et zones d’activités économiques.

« Un État qui ne protège pas ses réserves foncières compromet sa capacité à construire des infrastructures de développement. »

Boma, une expérience de ville durable

La Directrice générale de l’ANAT a également évoqué l’expérience de Boma Ville Durable, projet pour lequel l’agence assure la maîtrise d’ouvrage déléguée du gouvernement, avec un financement de la Banque africaine de développement.

Le projet met notamment l’accent sur la résilience face aux risques climatiques, la réhabilitation des infrastructures, l’amélioration des services essentiels, le renforcement de la gouvernance locale, la valorisation du patrimoine historique et le développement des capacités municipales.

Pour Carine Oniemba Amanvo, cette expérience démontre que l’aménagement du territoire ne concerne pas uniquement les nouvelles villes, mais peut également contribuer à transformer et moderniser les centres urbains existants.

« L’expérience de Boma démontre que l’aménagement du territoire peut accompagner aussi bien la création de nouveaux pôles urbains que la transformation des villes existantes. »

Une division provinciale de l’ANAT bientôt installée à Kinshasa

Dans cette perspective, l’ANAT entend renforcer sa présence sur le terrain. Carine Oniemba Amanvo a annoncé l’installation prochaine d’une division provinciale de l’ANAT à Kinshasa, une initiative destinée à rapprocher l’expertise technique de l’agence des autorités provinciales.

Cette structure devrait notamment accompagner la planification urbaine, la structuration du territoire, la coordination des projets et le suivi des interventions ayant un impact sur l’espace provincial.

La DG de l’ANAT a également appelé les différents acteurs à s’approprier la loi relative à l’aménagement du territoire et ses textes d’application.

« Cette loi ne peut pas rester un texte connu uniquement des administrations. Elle doit être comprise et appliquée par les institutions nationales, les provinces, les communes, les services techniques, les autorités coutumières, les opérateurs économiques, les promoteurs immobiliers, les organisations de la société civile et surtout les communautés locales. »

« Construire, c’est organiser l’espace »

En conclusion, Carine Oniemba Amanvo a réaffirmé la détermination de l’ANAT à accompagner le gouvernement dans la transformation spatiale de la République démocratique du Congo.

Elle a insisté sur la nécessité de penser le développement urbain sur plusieurs décennies, avec une capitale mieux organisée, mieux connectée, plus résiliente face aux changements climatiques et capable d’accueillir de nouveaux logements, pôles économiques et infrastructures modernes.

« Construire n’est pas seulement élever des bâtiments. Construire, c’est organiser l’espace, protéger les territoires, connecter les populations, sécuriser les investissements, préparer l’avenir. »

Pour la Directrice générale de l’ANAT, la planification territoriale, la sécurisation foncière et la coordination des projets constituent des leviers essentiels de la transformation de la RDC, avec Kinshasa appelée à jouer un rôle moteur dans cette dynamique nationale.

CYT

Kisangani : la CNSSAP marque la Semaine de la clientèle par une caravane motorisée

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KISANGANI | La Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics (CNSSAP) a marqué, mercredi 7 octobre 2026, la Semaine de la clientèle par une caravane motorisée à travers les principales artères de la ville de Kisangani.

Organisée autour du thème mondial « Au-delà des attentes » (The Extra Mile), cette initiative avait pour objectif de rapprocher davantage l’institution de ses assurés et de renforcer la visibilité de ses services auprès du public.

Tout au long de l’activité, la caravane a suscité l’intérêt et l’enthousiasme de la population. Cette mobilisation témoigne de l’accueil favorable réservé à l’initiative et traduit l’importance accordée par la CNSSAP à la proximité avec ses assurés.

À travers cette démarche, l’institution entend également promouvoir une meilleure connaissance de ses missions et renforcer la confiance entre la CNSSAP et les agents publics bénéficiaires de ses prestations.

La réussite de cette activité est présentée comme s’inscrivant dans la vision sociale du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Elle met également en lumière le leadership du ministre de tutelle, Jean-Pierre Lihau, ainsi que l’impulsion donnée par le directeur général de la CNSSAP, Junior Mata, en faveur d’une gestion davantage orientée vers la satisfaction des assurés.

La Semaine de la clientèle se poursuit à Kisangani avec d’autres activités destinées à renforcer le dialogue, l’écoute et la proximité entre la CNSSAP et ses bénéficiaires.

CNSSAP : tous solidaires, tous bénéficiaires !

CYT

Expo Béton RDC : Félix Tshisekedi appelle à une transformation urbaine durable et coordonnée des villes congolaises

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Kinshasa, 7 octobre 2026 — Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a officiellement lancé, ce mercredi à Kinshasa, la 12ᵉ édition d’Expo Béton RDC. Organisée autour du thème « Kinshasa, locomotive de la transformation des villes de la République démocratique du Congo », cette édition met l’accent sur l’urbanisme, les infrastructures, la mobilité, le logement, l’assainissement, la formation professionnelle et le financement du développement urbain.

Dans son discours d’ouverture, le chef de l’État a placé cette rencontre sous le signe d’une transformation urbaine pensée à l’échelle de l’ensemble du territoire national. Il a appelé à faire de Kinshasa une locomotive dont les expériences et les réalisations puissent être adaptées aux réalités des autres provinces.

« Kinshasa sera une locomotive à mesure qu’elle sera entraînée par tout le pays », a déclaré Félix Tshisekedi, estimant que les réalisations accomplies dans la capitale doivent pouvoir bénéficier à l’ensemble de la République.

Relier les territoires et construire autour des infrastructures

Le président de la République a rappelé que les investissements engagés dans les voiries, les routes, les aéroports, l’énergie et les grands axes de transport s’inscrivent dans une ambition plus large : mieux relier les territoires et améliorer les conditions de vie des populations.

Il a également cité le Programme de développement local des 145 territoires, présenté comme un instrument destiné à rapprocher les services essentiels des populations et à renforcer les conditions du développement à la base.

Pour Félix Tshisekedi, les infrastructures ne doivent toutefois pas être pensées de manière isolée.

« Chaque ouvrage doit trouver sa place dans une stratégie de développement du territoire qui tisse des liens entre les différents secteurs », a-t-il souligné.

Il a donné l’exemple d’une route dont la réussite ne doit pas uniquement être évaluée par sa réalisation physique, mais également par les activités économiques et sociales qu’elle rend possibles.

« Une route rend toute sa valeur lorsqu’elle permet à un agriculteur d’acheminer sa récolte, à une entreprise de recevoir ses équipements et à une famille d’accéder plus facilement à l’école ou aux soins », a expliqué le chef de l’État.

Les corridors de développement au cœur de la stratégie

Félix Tshisekedi a par ailleurs insisté sur la nécessité d’intégrer, dès la conception des grands projets, les besoins en énergie, en eau, en logement, en transport et en connectivité numérique.

Les marchés, les zones de production et les plateformes logistiques doivent également être pris en compte, selon lui, dans une approche fondée sur les corridors de développement.

« C’est tout le sens des corridors de développement : relier les bassins agricoles et industriels aux lieux de transformation, aux marchés et aux axes d’échange », a-t-il déclaré.

Cette approche doit contribuer, selon le président de la République, au renforcement du marché intérieur et à une meilleure complémentarité entre les provinces.

Kinshasa : repenser la mobilité et les services essentiels

Le chef de l’État a également consacré une partie importante de son intervention aux conditions de vie dans les villes.

Il a notamment appelé à repenser la mobilité à Kinshasa à travers une organisation intégrée associant la voirie, les transports collectifs, le rail urbain et les possibilités offertes par le fleuve.

Pour lui, les différents modes de transport doivent être pensés en fonction des lieux d’habitation, des zones d’emploi et des services.

« Le temps gagné dans les déplacements est du temps de qualité rendu aux familles et à l’activité économique », a-t-il affirmé.

L’accès à l’eau potable et à l’électricité demeure également, selon Félix Tshisekedi, une priorité fondamentale. Il a appelé à accorder la même attention à l’assainissement, à la collecte des déchets et à la gestion des eaux pluviales.

Il a insisté sur la nécessité d’anticiper davantage les risques d’inondation et d’érosion, de protéger les espaces nécessaires à l’écoulement des eaux et d’intégrer ces risques dans les décisions d’aménagement.

Logement, numérique et gouvernance urbaine

Le logement figure également parmi les priorités évoquées par le président de la République. Il a estimé que le développement urbain doit permettre aux familles de bénéficier de conditions de logement décentes, à proximité des services et des possibilités d’emploi, avec une attention particulière aux ménages modestes.

Le chef de l’État a aussi évoqué le rôle des technologies numériques dans la gestion des villes.

« Une ville intelligente est une ville qui emploie mieux ses moyens pour répondre aux besoins de ses habitants », a-t-il déclaré.

Pour donner corps à cette vision, Félix Tshisekedi a plaidé pour une gouvernance urbaine plus rigoureuse et une meilleure coordination entre l’État, les provinces et les villes, dans le respect des compétences de chacun.

Il a également insisté sur l’importance de la sécurité foncière et de la fiabilité des informations cadastrales, appelant les services concernés à appliquer diligemment et de manière transparente la réforme foncière promulguée en décembre 2025.

Les professionnels de la construction interpellés

Le président de la République a adressé un message particulier aux géomètres, architectes, urbanistes, ingénieurs et autres professionnels du secteur de la construction.

« Chaque étude que vous validez, chaque plan que vous signez et chaque contrôle que vous effectuez engagent la sécurité de ceux qui utiliseront l’ouvrage », a-t-il rappelé.

Félix Tshisekedi a ainsi appelé au strict respect des règles de l’art et des normes techniques, estimant que cette responsabilité permet de protéger les vies, de préserver les investissements et de renforcer la confiance dans les professions concernées.

Il a également réaffirmé son attachement à la durabilité des infrastructures.

« Chaque ouvrage doit être pensé et conduit pour durer, pour continuer à servir », a-t-il déclaré.

Il a demandé que la mise en service de chaque infrastructure soit accompagnée d’un véritable plan de maintenance, d’une programmation des moyens nécessaires et de la désignation claire du responsable de son entretien.

244 référentiels de métiers : Tshisekedi charge la Première ministre d’assurer le suivi

La formation professionnelle a constitué un autre axe majeur du discours présidentiel.

Félix Tshisekedi a rendu hommage aux ouvriers, artisans et chefs de chantier, dont l’expérience acquise sur le terrain constitue, selon lui, une ressource importante pour le pays.

Il a plaidé pour la reconnaissance de cette expérience à travers la formation et la certification, tout en souhaitant que les grands projets comportent des engagements précis en matière d’apprentissage, de formation, de certification, d’emploi local et de transfert de compétences.

Le président a notamment salué la remise récente de 244 référentiels de métiers élaborés avec le concours du Club BTP, de la Chambre des métiers et de l’artisanat ainsi que du ministère de la Formation professionnelle.

À ce sujet, il a donné une instruction à la cheffe du gouvernement :

« Je charge donc Madame la Première ministre, cheffe du gouvernement, de coordonner l’examen technique de ces référentiels et les procédures nécessaires à leur validation et à leur mise en œuvre. »

Il a souhaité que les formations qui découleront de ces référentiels répondent aux besoins des employeurs et conduisent à des certifications reconnues.

« Kinshasa 2050 » et un pacte national pour les infrastructures

Le chef de l’État a également salué le pavillon « Kinshasa 2050 », présenté dans le cadre de cette édition d’Expo Béton comme un espace de réflexion sur l’habitat, la mobilité et l’aménagement urbain.

Il a souhaité que les propositions issues de cette initiative puissent également contribuer à la transformation des autres villes de la RDC, tout en respectant leurs spécificités.

Félix Tshisekedi a demandé que les recommandations issues des travaux d’Expo Béton soient précises, hiérarchisées et assorties d’actions, de responsabilités, de moyens et de résultats attendus.

Il a également accordé une attention particulière à la proposition d’un pacte national en faveur des infrastructures et de la transformation des villes.

« La force de ce pacte résidera dans des engagements clairs, des responsabilités assumées et des résultats vérifiables », a-t-il souligné.

Le président a enfin appelé les pouvoirs publics, les entreprises, les institutions financières, les écoles de métiers et les citoyens à inscrire leur coopération dans la durée.

« L’avenir de nos villes se prépare dans les décisions que nous prenons aujourd’hui. Un quartier bien aménagé, un réseau fiable, un ouvrage durable et un jeune formé sont autant de projets qui renforcent notre pays », a-t-il déclaré.

À l’issue de son intervention, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a officiellement déclaré ouverte la 12ᵉ édition d’Expo Béton RDC, appelant à une dynamique collective dans laquelle Kinshasa donne l’impulsion et où chaque ville de la République prend part à la transformation urbaine du pays.

CYT